Les récents mandats d’arrêt delivré à l’encontre des dirigeant·es syndicaux·ales Jacq Ruiz et Jerome Adonis attirent une nouvelle fois l’attention sur la détérioration de la situation des droits des travailleur·euses, des libertés civiques et des droits humains aux Philippines. Le 12 août 2026, des mandats d’arrêt ont été émis contre Jacq Ruiz, porte-parole du syndicat Kilusan ng Manggagawang Kababaihan (KMK), et Jerome Adonis, président de la centrale syndicale nationale Kilusang Mayo Uno (KMU), en lien avec la mobilisation de la Fête du Travail organisée à Manille, le 1er mai 2026. Les deux responsables syndicaux sont poursuivis en vertu de l’article 153 du Code pénal philippin pour de prétendus « troubles à l’ordre public et autres perturbations ». Pour Viva Salud, ces poursuites s’inscrivent dans un schéma de criminalisation visant les personnes et les organisations qui défendent la justice sociale, les droits des travailleurs et travailleuses et la participation démocratique.
Selon GABRIELA, partenaire de longue date de Viva Salud et l’une des principales alliances de base de femmes aux Philippines, les accusations découlent de la participation de travailleurs et travailleuses à la manifestation annuelle du 1er mai, au cours de laquelle des milliers de personnes ont revendiqué des salaires décents, des emplois stables, le respect des droits du travail et un renforcement de la protection sociale. GABRIELA a dénoncé cette affaire comme une forme de harcèlement judiciaire visant à décourager l’organisation syndicale.
Pour Viva Salud, les accusations portées contre Jacq Ruiz et Jerome Adonis sont hautement politiques et visent à criminaliser l’organisation syndicale et l’action collective. Nous dénoncions en avril 2026 le cas de la Dre Ana Marie Rilloraza, médecin communautaire et de Marc Arriane Mendiola, journaliste communautaire et travailleur de la santé, qui avaient également été arrêtés. Bien que les circonstances de leur affaire diffèrent de celles de Ruiz et Adonis, ces situations se rejoignent dans la mesure où elles résultent de mécanismes judiciaires identiques, contre des personnes engagées dans un travail en faveur des droits sociaux, de la santé, du travail et plus largement des droits humains. Viva Salud condamne ces accusations avec la plus grande fermeté et dénonce l’utilisation de procédures judiciaires pour réprimer la dissidence, affaiblir le mouvement syndical et intimider celles et ceux qui défendent les droits des travailleur·ses.
Viva Salud exprime sa solidarité avec Jacq Ruiz, Jerome Adonis, la Dre Ana Marie Rilloraza, Marc Arriane Mendiola, ainsi qu’avec toutes les personnes faisant l’objet de condamnation en raison de leur engagement pour les droits humains. Nous appelons les autorités philippines à retirer immédiatement les mandats d’arrêt émis contre Jacq Ruiz et Jerome Adonis, à libérer la Dre Ana Marie Rilloraza et de Marc Arriane Mendiola, à mettre fin au recours à des accusations fabriquées (« trumped-up charges ») dans le cadre du “red-tagging” et au harcèlement judiciaire contre les militant·e·s et les dirigeant·e·s communautaires ainsi qu’à garantir la liberté d’organisation des mouvements populaires et des acteurs de la société civile.
La lutte pour la justice sociale n’est pas un crime !