L’exposition Faces of Justice, présentée à l’église Sint-Niklaas de Gand en avril dernier et organisée par nos volontaires Tinus, Léo et Erwin, est née d’un voyage de solidarité. Celui qu’ils ont effectué aux Philippines avec Viva Salud en septembre 2025, pour rencontrer nos partenaires, qui luttent pour les droits humains sous une répression parfois mortelle. Avec six autres participants au voyage, il en est revenu avec des images, des portraits, des témoignages et une conviction : leur combat et le nôtre sont liés par le même système d’oppression.
1. Viva Salud : À l’origine de cette exposition se trouve le voyage de solidarité aux Philippines avec Viva Salud en septembre dernier. Peux-tu expliquer brièvement ce que c’est et pourquoi tu as participé à ce voyage ?
J’étais actif depuis environ trois ans déjà en Belgique au sein d’organisations avec lesquelles je participais par exemple à des actions pour la Palestine et contre le démantèlement social du gouvernement De Wever-Rousseau. Lors de ces actions, j’ai toujours ressenti une grande solidarité entre les gens ici, mais aussi envers les peuples du Sud global qui souffrent du même système économique.
J’ai alors découvert Viva Salud, qui organise cette solidarité de manière très concrète avec des projets et des organisations partenaires en Palestine, au Congo et aux Philippines. Quand j’ai découvert que Viva Salud organisait également des voyages pour rencontrer des activistes dans ces pays, écouter leurs témoignages, apprendre de leurs luttes et rapporter ces expériences en Belgique, je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire pour le voyage aux Philippines.
2. Si tu devais citer une seule chose que tu as retenue de ce voyage, ce serait laquelle ?
Je ne connaissais pas beaucoup le pays, mais au cours de ce voyage de deux semaines, j’en ai appris énormément. Ce qui m’a marqué le plus, c’est la résilience du peuple philippin. Leur optimisme, leur croyance et leur combativité pour un monde meilleur malgré des conditions extrêmement difficiles. La répression des activistes par l’armée et la police est immense. Tout le monde connaît quelqu’un qui a été arrêté ou emprisonné, qui a disparu ou même qui a été tué. Un moment que je n’oublierai pas : une jeune activiste qui a eu les larmes aux yeux quand je lui ai dit que je ne craignais pas pour ma vie quand j’allais manifester. C’était quelque chose qu’elle ne pouvait pas imaginer. Être activiste aux Philippines, c’est véritablement une question de vie ou de mort, et c’est précisément pour cela que les personnes que nous avons pu rencontré sont si déterminées.



3. Avec Erwin et Leo, tu as organisé cette exposition à Gand, qu’est-ce qui t’as motivé ?
Nous voulions vraiment ramener les récits de là-bas jusqu’ici. Nous avons parlé avec des organisations de femmes (Gabriela), des défenseur·es des droits humains (Karapatan), des travailleuses et travailleurs de la santé (Council for Health and Development), des chercheurs (IBON Foundation), des syndicats, des prisonniers politiques, des étudiants… À toutes ces personnes, nous voulions dire : vous n’êtes pas seul·es. Partout dans le monde, nous menons le même combat. Je crois que cette solidarité les touchait profondément. Et bien sûr, nous voulons sensibiliser les gens ici : non seulement autour de ce qui se passe aux Philippines, mais aussi comme source d’inspiration pour s’engager ici pour et avec les autres, en faveur d’un monde meilleur.
4. L‘exposition que vous avez organisée est également liée à une collecte de fonds pour les partenaires de Viva Salud aux Philippines. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?
La sensibilisation est belle et importante, mais le soutien financier l’est encore plus. Viva Salud et ses partenaires font là-bas un travail vraiment indispensable et ça coûte évidemment de l’argent. Et nous pouvons y jouer un rôle très concret. Chaque euro soutient de magnifiques organisations qui dispensent des soins de santé aux communautés marginalisées, émancipent les femmes, fournissent une aide juridique, et bien d’autres choses encore.
5. Que dirais-tu à des personnes qui hésitent à lancer une collecte de fonds ?
Foncez ! Ce n’est pas difficile et vous contribuez à une bonne cause. Et ça peut même être vraiment sympa. Fin janvier, par exemple, nous avions organisé un karaoké pour récolter des fonds, aussi pour les partenaires aux Philippines. Un clin d’oeil au passe-temps favori de nombreux·ses Philippin·nes que nous avons rencontré ! Surtout après quelques San Miguel !
Un immense merci à au photographe de l’exposition Leo Delcourte, qui nous a suivi jusqu’au Philippines et nous assiste dans chacune de nos activités depuis plus de deux ans.