En juin, nous dénoncions l’arrestation du docteur Mazen, arrêté de nuit à son domicile à Ramallah le 21 juin 2026. À Ramallah et au-delà, il est connu comme « le médecin des pauvres ». Pendant des décennies, il a rendu les soins accessibles à de nombreux·ses Palestinien·nes pour qui les consultations ou les médicaments restaient trop chers, ainsi qu’à celles et ceux qui ne pouvaient plus accéder aux soins de base à cause des centaines de zone de contrôle et barrages construits par le gouvernement israélien.
Selon de nombreuses sources d’information, sa détention a été violente. Durant les premières semaines, il a été privé des médicaments nécessaires au traitement de plusieurs maladies chroniques. Il a beaucoup maigri et ses demandes de soins médicaux ont été ignorées. Des photos et des vidéos prises après sa sortie de la prison de Janot, à son arrivée à Hébron, montrent des traces évidentes de coups et de torture sur son visage et son corps. Rappelons qu’il s’agit d’une personne âgée de 71 ans.
Nous souhaitons avant tout un bon rétablissement au docteur Mazen. Nous espérons qu’il pourra désormais prendre le temps de se reposer auprès de ses proches, qui sont restés longtemps sans nouvelle de sa part.
Notre inquiétude pour HWC persiste
La libération du docteur Mazen n’efface pas ce qui a été infligé à HWC. Les bureaux de notre partenaire ont été saisis en juin, et son personnel reste traumatisé et fortement réprimé par l’armée israélienne. En tant qu’ONG qui travaille avec HWC depuis plus de 40 ans, nous constatons aussi qu’il est devenu très difficile d’envoyer des fonds et d’organiser un programme à long terme avec son équipe. Cette situation s’inscrit dans une politique coloniale plus large visant les professionnel·les de santé palestinien·nes et les organisations de la société civile qui aident les communautés à tenir face à l’occupation.
« Le maintien en détention par Israël de près d’une centaine de professionnels de santé constitue une violation flagrante du droit international humanitaire », a déclaré mardi le Dr Rebecca Inglis, de l’organisation Health Workers Watch.
« Nous sommes profondément préoccupés par leur sort, compte tenu des nombreuses preuves indiquant que les détenus palestiniens sont victimes de tortures pendant leur détention en Israël », a-t-elle ajouté.
L’arrestation du docteur Mazen n’a jamais été un cas isolé, et sa libération ne met pas fin à la politique coloniale d’Israël.
Notre appel au boycott est maintenu
Nous renouvelons notre appel au boycott de l’Israeli Medical Association, qui n’a jamais condamné les pratiques génocidaires ni les attaques répétées contre les professionnel·les de santé palestinien·nes. Le silence face à une telle violence n’a rien de neutre.
Viva Salud se tient aux côtés du docteur Mazen Rantisi, de Health Work Committees et de tou·tes les Palestinien·nes qui continuent de survivre dans des conditions toujours plus difficiles. Les professionnel·les de santé doivent être protégé·es, pas persécuté·es.
Soigner n’est pas un crime. La solidarité n’est pas un crime.
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