Viva Salud salue le prix à la Dre Ana Marie Rilloraza-Leung et réitère son appel pour sa libération immédiate.
Cette distinction est un hommage mérité à plus de quarante ans d’engagement de Doc Ana en tant que médecin communautaire, militante écologiste et défenseuse des droits et du bien-être des communautés en marge. Tout au long de sa vie, elle a travaillé sans relâche aux côtés des peuples autochtones, des paysan·nes, des travailleur·euses et des communautés rurales, démontrant que les soins de santé ne consistent pas seulement à traiter la maladie, mais aussi à agir sur les conditions sociales, environnementales et économiques qui pèsent sur la vie des gens.
Si Viva Salud se joint à de nombreuses autres voix pour célébrer cette reconnaissance amplement méritée, nous sommes profondément préoccupé·es que Doc Ana n’ait pas pu recevoir le prix en personne, car elle reste détenue. Cette reconnaissance ne fait que souligner la profonde contradiction entre l’hommage rendu à son apport inestimable à la société et le fait de continuer à la priver de sa liberté. Un prix saluant son engagement auprès des communautés devrait nous amener à nous interroger : pourquoi une médecin et militante respectée reste-t-elle enfermée malgré son engagement au service de la population ?

Soigner n’est pas un crime
Viva Salud réitère son appel à la libération immédiate de Doc Ana et de toutes les personnes injustement détenues pour leur travail légitime en faveur des droits humains, de l’environnement, de la santé publique et de la justice sociale. Nous sommes fermement convaincu·es que défendre les communautés, promouvoir la santé publique, protéger l’environnement et plaider pour les droits des personnes ne sont pas des crimes. Les travailleur·euses de la santé doivent être reconnu·es et protégé·es pour leur contribution essentielle à la société, et non faire l’objet de persécutions, d’intimidations ou de criminalisation.
Nous trouvons particulièrement alarmant que des travailleur·euses de la santé, des défenseur·euses des droits humains, des dirigeant·es syndicaux·ales, des organisateur·rices communautaires et d’autres militant·e·s continuent de subir du harcèlement, des arrestations arbitraires, des détentions et des représailles judiciaires pour avoir revendiqué leurs droits fondamentaux et s’être tenu·es aux côtés des communautés vulnérables. Ces actes sapent la participation démocratique, affaiblissent l’espace civique et créent un climat de peur qui dissuade les citoyen·nes de s’organiser contre les injustices. Lorsque celles et ceux qui consacrent leur vie à servir les autres sont ciblé·es, ce sont les droits et le bien-être de communautés entières qui sont menacés.
La reconnaissance accordée à Doc Ana confirme ce que d’innombrables communautés savent depuis longtemps : son travail a été une source d’espoir, de dignité et d’autonomisation pour celles et ceux que l’on laisse trop souvent de côté. Aucune prison ne peut diminuer la valeur de son engagement, ni faire taire les principes qu’elle incarne. Avec ce prix, nous renouvelons aussi notre appel à la justice. Doc Ana Marie Rilloraza-Leung a sa place auprès des communautés qu’elle sert, pas derrière les barreaux.
Libérez Doc Ana. Défendez les travailleur·euses de la santé. Protégez les droits humains.