Lutter pour des conditions de travail saines peut coûter la vie aux Philippines - Viva Salud

Lutter pour des conditions de travail saines peut coûter la vie aux Philippines

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Sur son site web, Sumifru affiche le slogan “Apporter des aliments sûrs et de qualité dans vos foyers”. Des conditions de travail saines et de qualité pour les employé·e·s de la multinationale japonaise semblent moins importantes. L’utilisation de produits chimiques expose les travailleur·euse·s à de graves problèmes de santé selon une enquête du syndicat agricole philippin UMA, qui travaille en étroite collaboration avec les partenaires de Viva Salud. Lorsque les travailleur·euse·s défendent leurs droits, ils sont sévèrement puni·e·s.

A propos de Sumifru

Sumifru fait partie de Sumitomo Corporation, un conglomérat japonais. Sumifru achète, produit, expédie et vend différentes sortes de fruits frais. Elle a des marchés en Chine, en Corée, au Moyen-Orient, en Nouvelle-Zélande, en Russie et au Japon. En février 2017, Sumifru a acquis l’entreprise irlandaise Fyffes, qui exerce ses activités en Europe, aux États-Unis, au Canada et en Amérique latine. Par la suite, l’entreprise n’a fait que croître. Elle possède même son propre port dans la ville philippine de Davao City.

Utilisation de pesticides dangereux

Les travailleurs·euses de Sumifri se plaignent de maux de tête, de vertiges, de maux d’estomac et d’oppression dans la poitrine dûs à une exposition constante aux produits chimiques. Des travailleurs·euses ont révélé que chaque partie des bananiers est arrosée de pesticides pour maintenir la “qualité d’exportation” des produits. La composition des différents pesticides est modifiée chaque semaine afin que les insectes ne puissent pas développer d’immunité. La Corée du Sud a même imposé une interdiction des bananes de Sumifri en 2017 pour avoir dépassé les directives d’utilisation des pesticides.

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Des conditions de travail malsaines

Sumifru viole également ses propres politiques en matière de pesticides, au détriment des agriculteurs·trices qui se retrouvent régulièrement sous une pluie de substances toxiques. Un participant à l’enquête d’UMA affirme qu’il ne reçoit pas de masque ou d’équipement de protection pendant son travail. Pire, d’autres expliquent qu’ils et elles ne reçoivent des équipements de protection que lorsque les plantations sont visitées par des personnes externes ou des agences gouvernementales.

Pour réduire les coûts, Sumifru fait pression sur ses ouvrier·e·s pour qu’ils et elles étayent jusqu’à 130 plants de bananes par jour et par personne. Cependant, les outils prévus à cet effet sont insuffisants, de sorte que les régimes de bananes sont régulièrement endommagés parce qu’ils tombent. Un travailleur a même perdu la vie en tombant d’une échelle cassée. On demande aux ouvrier·e·s de fournir leur propre équipement. Les équipements cassés ne sont donc pas suffisamment réparés.

Les travailleurs·euses défendent leurs droits

Lorsque les travailleurs·euses veulent faire valoir leurs droits à un revenu équitable et à des conditions de travail sûres et saines, ils et elles sont confronté·e·s à des menaces, des intimidations et même des meurtres. Le 1er octobre 2018, une grève a été organisée par 700 travailleuses et travailleurs de 7 usines d’emballage différentes pour exiger la formalisation de leur travail et une convention collective. La grève a duré 11 jours avant d’être violemment interrompue par la police. Le même mois, le leader des protestations a été tué. Un mois plus tard, un autre dirigeant syndical a été abattu. Après ces événements tragiques, 300 travailleurs·euses ont porté plainte et attendent toujours un verdict.

L’importance des législations nationale et internationale

Les abus commis à Sumifru démontrent l’importance de la législation et de la réglementation internationales qui contraignent les multinationales à respecter les droits humains et l’environnement tout au long de la chaîne de production.

Une loi sur le devoir de vigilance obligerait les entreprises comme Sumifru à respecter les droits de leurs employé·e·s et les rendrait responsables des cas de violation de ces droits. Ils devraient leur payer des réparations. Découvrez la campagne pour une loi sur le devoir de vigilance sur www.devoirdevigilance.be.

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