Aissa Naranjo: "Le blocus nous empêche d'acheter des respirateurs aux Etats-Unis" | Viva Salud
Aissa Naranjo: « Le blocus nous empêche d’acheter des respirateurs aux Etats-Unis »

Aissa Naranjo: « Le blocus nous empêche d’acheter des respirateurs aux Etats-Unis »

IDans le cadre de la campagne « Oxygène pour Cuba », Aissa Naranjo, médecin généraliste à La Havane et affiliée à notre partenaire cubain Centro Felix Varela, témoigne des conséquences du blocus dans la lutte contre la corona.

Oui, c’est de notoriété publique que le blocus cause des dommages à bien des égards. Le blocus avait déjà causé beaucoup de dégâts à d’autres moments, et plus encore maintenant …et de nombreux Cubains l’ont déjà dénoncé.

Supposons que Cuba ne soit pas capable de produire soi-même un médicament, que les matières premières doivent être obtenues par l’intermédiaire de tiers, dans des pays lointains, loin d’ici. Et qu’il faut importer souvent via des voies informelles depuis l’Inde, la Chine. C’est très difficile pour Cuba d’acquérir des médicaments ou des matières premières, alors que ceux-ci sont en vente tout près d’ici, aux États-Unis. 
Actuellement, alors que nous sommes frappés de plein fouet par le COVID-19, nous mobilisons des personnes qui savent fabriquer des masques buccaux, parce que nous ne disposons pas nous-mêmes de la production textile industrielle nécessaire. Et combien plus près d’ici pouvons-nous les acheter ? 

Oui, il est évident que le blocus frappe partout. Il nous frappe lors de l’achat des médicaments-mêmes et des matières premières nécessaires à leur production. 
Aussi avons-nous été contraints de développer nos propres médicaments, des médicaments plus modernes et que nous développons en résolvant nous-mêmes les problèmes. 

Et maintenant il se passe la même chose avec les respirateurs. En réunissant les techniciens et les ingénieurs pour la production de l’équipement médical. Ils se sont mobilisés afin de proposer une solution et pouvoir ainsi garantir qu’il y aurait plus d’appareils disponibles que la quantité nécessaire estimée. Nous ne savons toujours pas combien de patients nous aurons qui devront être mis sous assistance respiratoire. Puisque le « pic » n’a pas encore été atteint. Notre courbe est encore toujours ascendante, bien que nous atteignions progressivement, enfin, le « plateau ». Mais nous ne savons pas combien de patients devront être mis sous assistance respiratoire. 

Ce qui est certain, c’est l’impact qu’aura les système du « suivi et traçage ». Amener les patients qui ne présentent pas de symptômes graves à l’hôpital, s’avérera très bénéfique. 

Mais ne laissons planer nul doute sur le fait que le blocus dans tout cela nous cause un préjudice très grave.

Témoignage enrégistrée en avril 2020.